Christophe travaille dans une entreprise agro-alimentaire. Pour faire face à ses besoins de développements informatiques, l’entreprise a passé un accord avec un prestataire de services basé en Inde. Christophe et ses collègues ont alors découvert que les Indiens ne fonctionnaient pas comme eux. Par exemple : Ils paraissent toujours d’accord avec ce qui est dit, ils sont peu stressés par le temps, ils évitent les tensions…

Des réunions sont planifiées mais elles ne sont pas toutes réalisées

Afin de suivre la réalisation du travail qu’il leur commande, Christophe planifie régulièrement des réunions jalons en visio-conférences. Mais, même si elles sont programmées bien à l’avance, il arrive que personne ne se présente du côté indien ou qu’un manager demande un report. C’est très déconcertant !

Christophe comprit très vite que leurs absences étaient liées à des problèmes dans la réalisation de leurs travaux. Ils ne se présentaient pas à la réunion parce qu’ils ne voulaient ni décevoir, ni perdre la face.

Christophe comprit également qu’il ne fallait surtout pas qu’il s’énerve car les Indiens ressentiraient cela comme de l’agression et leur collaboration deviendrait difficile.

Fort de ces constats, Christophe voulut comprendre leurs comportements afin de mieux les gérer.

Ils ont une vision cyclique du temps

En Occident, nous avons le passé, le présent et le futur qui se déroulent de façon linéaire. Les moments et les événements se succèdent, ils passent sans jamais revenir. Le temps est une ressource qu’il faut optimiser ce qui nous amène à produire toujours plus, toujours plus vite.

En Inde, comme dans la plupart des pays asiatiques, le temps peut être comparé à une roue qui tourne. Il est constitué de moments qui passent et repassent sans être tout à fait les mêmes. Les mêmes heures reviennent tous les jours, les mêmes jours reviennent toutes les semaines, les semaines tous les mois, les mois et les saisons tous les ans, etc… C’est également cette conception cyclique du temps qui amène les Indiens à croire à la réincarnation.

Certes, le fournisseur indien a enregistré une date de réunion à un moment mais le moment est passé. Depuis ce moment, des employés se sont peut-être absentés sans prévenir pour participer à des fêtes religieuses, pour résoudre des problèmes familiaux ou ils sont tout simplement partis travailler ailleurs. Ceci fait que le travail n’a pas été réalisé dans le délai initialement prévu. Mais ce qui n’a pas été fait aujourd’hui sera fait demain, dans des conditions probablement plus favorables. Alors, pour un Indien, il n’y a aucune raison de s’énerver !

Le temps linéaire oriente les individus sur la gestion et la productivité. Le temps cyclique privilégie les relations humaines et l’amélioration continue. Christophe va devoir apprendre à associer les deux.

« Oui » – Le sens des mots varie avec les cultures

Les indiens disent toujours « oui, oui », mais cela ne signifie pas forcément « oui, je vais le faire ». Cela peut signifier « je vous ai compris » ou tout simplement « oui, je vous ai entendu ». N’en déduisez surtout pas que ce qui a été dit sera fait.

Pour compléter la confusion, les Indiens dodelinent leur tête de droite-gauche pour dire « oui », ce qui peut ressembler à ce que nous faisons en Occident pour dire « non ».Ce balancement de la tête réalisé de façon plus ou moins ample et rapide, conjugué à la position des sourcils et des yeux, peut exprimer beaucoup de choses : « Peut-être que oui, peut-être que non », « Probablement », « Ça va aller », « Tout va bien », « Je comprends », « J’ai un doute », « C’est certain », … C’est un langage non-verbal étendu et subtil qui demande du temps pour être décodé.

Si les Indiens ne veulent pas dire « non » c’est parce qu’ils ne veulent ni perturber l’harmonie, ni vous décevoir. Surtout si vous êtes un étranger avec lequel ils n’ont pas établi une relation de confiance. Parallèlement à cela, communiquer et travailler à distance n’aide pas à l’établissement d’une relation de confiance si importante pour les Indiens.En Inde. les choses désagréables se communiquent de façon implicite ou indirecte – et souvent en passant par une tierce personne par exemple.

Les comportements de vos partenaires étrangers sont le fruit de leur Culture. Comparer les cultures, comprendre celles des autres permet de trouver des repères communs pour communiquer et travailler ensemble, atteindre des objectifs communs. C’est le bénéfice concret des formations aux Cultures.

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