Nos cultures conditionnent nos façons de penser et d’agir, mais aussi nos façons de percevoir et juger les événements qui se déroulent autour de nous. Le projet de réforme des retraites en est un bel exemple : en fonction de sa culture sociale ou professionnelle, chacun retient les chiffres et les arguments qui justifient sa position.

Il en va de même à l’international. Dès que nous leur en donnons l’occasion, les médias étrangers parlent des grèves et des protestations qui caractérisent la société française. Là aussi, chacun perçoit et juge les événements en fonction de sa culture nationale. Prenons 3 exemples.

En Allemagne

Les Allemands s’intéressent beaucoup à leur culture nationale. Elle se fonde sur des valeurs communes telles que le travail, la qualité et la sécurité, la rigueur et la collégialité. Ceci les amènent à partager le pouvoir, à faire de la cogestion et prendre des décisions qui font consensus. Ils ont un style de management très éloigné du « haut en bas » qui prévaut dans les administrations et les entreprises publiques françaises. Par conséquent, ils ne comprennent pas les mouvements sociaux fondés sur des rapports de force, les négociations frontales où certains défendent leurs intérêts particuliers sans considérer l’intérêt collectif. Parallèlement à cela, de nombreux médias allemands publient des chiffres qui démontrent qu’en France, l’âge moyen de départ à la retraite est l’un des plus bas des pays industrialisés alors que le niveau moyen des retraites est parmi les plus élevé – tout cela financé par de la dette publique. La France devient ainsi un élément de comparaison qui leur permet de valoriser le bien fondé de leur culture.

Aux États-Unis

C’est un pays où le capitalisme et la responsabilité individuelle fondent la société. L’entreprise et la propriété privée sont des valeurs fondamentales, la mobilité et la capacité à faire de l’argent des compétences suprêmes. Leur système de retraite est basé sur la capitalisation, il a besoin de stabilité politique et de prospérité économique pour être pérenne. Dans ce contexte, voir certains grévistes vouloir mettre l’économie de leur pays à genoux pour défendre leurs intérêts particuliers, en voir d’autres vouloir dégrader des symboles du capitalisme ou entraver leur bon fonctionnement, est perçu comme une réelle catastrophe. Certains médias en profitent pour ne retenir que ce qui conforte leurs opinions : voyez ce qui ce passe en France, premier pays au monde pour les prélèvements sociaux et la répartition des richesses et voyez à quoi cela amène.

En Chine

Dans ce pays, la société prime sur l’individu, l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers. La mobilité, l’humilité et l’harmonie sont des valeurs fondamentales. Le commerce une activité sociale sacrée et la prospérité un objectif commun. Ce qui se passe en France, où chacun poursuit ses objectifs particuliers, relève d’un autre monde et fait régulièrement la une des médias. Dans leur contexte politique et culturel, les médias ont tendance à mettre en avant ce qui peut illustrer la violence et la décadence des sociétés capitalistes, l’individualisme et le chacun pour soi qu’elles génèrent. Ils communiquent par exemples sur des black blocs qui cassent du mobilier urbain payé par la collectivité ou d’autres grévistes qui entravent le bon fonctionnement des commerces pour défendre leurs avantages acquis. Tout cela au final, pour mettre en valeur les fondements de leur propre société.

Ces trois exemples démontrent bien que dans un monde mondialisé, avec des médias toujours en quête d’événements et de sensationnel, ce que nous faisons au niveau national génère immédiatement des réactions à l’international. Il en est de même dans toutes relations, ce que nous faisons et disons génère automatiquement des réactions positives ou négatives autour de nous.

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