Depuis quelques mois : le Brexit, les élections présidentielles aux US, en Autriche et en France, le référendum en Turquie, les législatives aux Pays-Bas et au Danemark… Partout les populistes semblent s’imposer ou gagner du terrain.

Nous sommes pourtant collectivement capables d’agir pour éviter la pandémie, encore faut-il développer sainement les Cultures qui nous permettent de « faire société » puis apprendre à les associer dans un monde globalisé. Et tout cela peut se faire au moyen de la formation professionnelle !


Qui sont les populistes ?

Ce sont des femmes et des hommes politiques qui utilisent les frustrations des individus pour les dresser les uns contre les autres.

Séducteurs doués en communication, ils savent exploiter les sentiments humains, notamment la crainte, pour s’affirmer, assouvir leur soif de revanche et de pouvoir.

Ils parlent du peuple, de ce qui est bon pour lui et de l’intérêt général alors qu’ils n’ont aucune conscience de la réalité qui les environne et des problèmes réels.

Pourquoi gagnent-ils du terrain ?

Avez-vous déjà remarqué que les personnes qui se sentent exclues d’une société ou qui ne savent plus s’y intégrer encourent d’autant plus le risque de se replier sur elles-mêmes ?

Difficile en effet d’affronter un chômage de longue durée ou une situation de travail précarisée sans cultiver des sentiments de mécontentement, d’abandon ou de non considération.

La colère gronde peu à peu contre ceux qui gouvernent ou réussissent dans des conditions parfois iniques. Elle obscurcit tout jugement, quitte à laisser espérer une certaine “providence”.

Ce sont ces sentiments qu’utilisent les populistes en les détournant habilement vers des boucs émissaires responsables de tous les maux ! Ils réunissent des individus pour lutter avec eux contre de soit-disant ennemis. Ils attisent les haines et alimentent les colères pour diviser et mieux régner, puis ils s’appuient sur les divisions pour justifier et radicaliser leurs actions.  Siècle après siècle, l’histoire nous démontre que ce type de dirigeants a toujours existé et qu’ils conduisent leur pays à l’appauvrissement ou à la destruction, jamais à la prospérité !

Ils gagnent du terrain parce que nos cultures sociales s’effritent petit à petit depuis des dizaines d’années.

Au nom de la laïcité, de l’égalité des chances, du politiquement correct, des sondages, du déni de la complexité du monde qui nous entoure, des intérêts personnels de chacun et des objectifs à court terme de nos politiques… le laxisme s’immisce à tout endroit.

Les valeurs fondamentales qui ont fait l’unité et la prospérité de nos cultures ne sont plus cultivées, les individus perdent leurs repères sociaux, le repli sur soi s’installe et les populistes profitent de la situation.

Souvent, les membres d’une société souhaitent lutter contre l’exclusion et les fractures sociales, mais ils ne proposent que des solutions financières alors que le problème est essentiellement culturel.

Certes, il est important d’aider financièrement les personnes qui ont des difficultés d’intégration mais ne faire que leur donner de l’argent c’est les rendre dépendantes et non pas autonomes ; c’est affaiblir leur personnalité plutôt qu’essayer de la re-développer, c’est les entrainer dans le cercle vicieux du repli sur soi.

La formation professionnelle comme relai d’intégration

Beaucoup pensent que c’est le rôle de l’éducation familiale et nationale d’apporter à ses enfants les connaissances et repères qui leur permettront de s’intégrer, d’évoluer et progresser ensemble dans leur environnement : là aussi il y a un problème.

Une culture, des valeurs communes et des repères communs qui permettent à des individus de bien vivre, communiquer et travailler ensemble, de s’unir et focaliser leurs actions sur des objectifs communs, c’est l’affaire de tous et non pas seulement de certains.

S’il y a des déficiences au niveau de l’éducation initiale c’est naturellement la formation professionnelle qui devrait prendre le relai plutôt que croire que cela ne la concerne pas.

Il n’y a pas de société prospère sans culture sociale forte comme il n’y a pas d’entreprise prospère sans culture d’entreprise forte.

Plus les individus ont des cultures sociales, familiales et professionnelles fortes, mieux ils vivent ensemble. Plus ils sont ouverts, plus ils savent associer leurs valeurs et tirer profit de la diversité.

Nous proposons de réintégrer la formation aux Cultures dans les formations professionnelles comme certaines Grandes Ecoles le font déjà avec leurs formations aux Humanités.

Les possibilités d’intégration de la formation aux Cultures dans les entreprises et les administrations sont multiples : formations interculturelles, formations langues, développement durable, développement personnel, gestion de la diversité…

Il suffit de le vouloir.