Depuis le début de l’épidémie de Covid-19 dans le monde, le gouvernement français fait face à une pénurie de masques chirurgicaux et FFP2. Comment expliquer la faiblesse de nos stocks quand, dans d’autres pays, le port du masque est obligatoire pour toute la population sans problème d’approvisionnement ?

Petit rappel historique

En 2009, Roselyne Bachelot est ministre de la santé sous le gouvernement de François Fillon en pleine crise de la grippe aviaire H1N1. Elle constitue alors des stocks importants de masques, vaccins et autres matériels médicaux en prévision de l’épidémie à venir. À l’époque, cette politique de prévention est loin de faire l’unanimité. L’opposition et une grande partie de l’opinion publique lui reproche d’en faire trop et surtout de dépenser l’argent public par les fenêtres !

Deux conceptions différentes du temps

Roselyne Bachelot a adopté une conception du temps que nous pourrions qualifier de Japonaise. Dans ce pays, les séismes de forte magnitude, les éruptions volcaniques et les tsunamis sont toujours à prévoir. C’est comme les pandémies, vous ne savez pas quand mais cela arrivera. Dans ce contexte, vous apprenez à vivre au présent en prévoyant le futur qui vient vers vous et en tirant les enseignements du passé.

Conception du temps à la japonaise by Culture Courses

A contrario, l’opposition, en critiquant la politique de prévention et d’anticipation, a révélé une conception du temps qui privilégie le « présent ». Les évènements s’enchaînent les uns après les autres sans jamais revenir. C’est vous qui allez vers le futur, ce n’est pas lui qui vient vers vous. Quand un événement est terminé il appartient au passé. Si une action n’est pas utile et rentable à court terme elle n’est pas réalisée. C’est à l’origine une conception anglo-saxonne du temps, cultivée par le capitalisme.

 

Conception du temps à l'anglo-saxonne

Vivre au présent c’est ne pas se sentir responsable du passé et du futur

Notre façon de concevoir le temps conditionne notre façon de percevoir et juger les événements qui se déroulent autour de nous et par conséquent, la façon de concevoir notre responsabilité. Les personnes qui pensent et agissent au présent ne se sentent pas responsables de leurs actions passées. C’est ce que démontre les propos de Michel Issindou, ancien député de l’opposition, très critique vis-à-vis des actions de Roselyne Bachelot en 2009.  Dans une récente interview, il déclare : « je ne regrette rien, c’était une autre époque, ce qui me préoccupe c’est ce qui se passe actuellement ». De même pour son parti politique qui a depuis lors réduit les stocks de matériels médicaux et qui aujourd’hui se dédouane de toute responsabilité.

Et si ce grand homme de sciences et de culture avait raison ?

Un contemporain de Victor Hugo, Émile de Girardin disait « Gouverner, c’est prévoir ». Aujourd’hui force est de constater que les gouvernements qui ont privilégié le présent comme en France, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne comptabilisent un nombre de victimes du Coronavirus élevé. À l’inverse les pays qui valorisent le passé et le futur tout autant que le présent comme l’Allemagne, le Japon ou encore la Corée du Sud semblent avoir mieux réussi à juguler cette crise avec un nombre de victimes moins important.

Demain devra être une autre époque

Dans notre société contemporaine, vivre au présent est la façon de concevoir le temps qui se développe le plus rapidement. Nous voulons tout, tout de suite. Nous privilégions nos besoins ou nos profits immédiats à la gestion des imprévus. Nous pensons tout maîtriser et nous agissons sans nous préoccuper de notre environnement… Mais cela a ses limites et la crise actuelle le démontre à bien des égards.

C’est la raison pour laquelle nous vous invitons à comparer, au moyen de formations digitales « Cultures », différentes façons de penser et d’agir. Apprendre à regarder comment font les autres, découvrir les repères qu’ils prennent pour évoluer dans leurs environnements, est une démarche d’amélioration qui amène les individus à mieux se connaître pour mieux se comprendre, mieux communiquer et travailler ensemble.