Pour trouver une solution à un problème il faut le comprendre. Pour ce faire, nous vous proposons d’observer le mouvement des gilets jaunes sous l’angle des besoins existentiels.

Comprendre le problème

« Abraham Maslow » distingue cinq grandes catégories de besoins existentiels, du niveau 1 : les besoins de base au niveau 5 : le besoin d’accomplissement.

Pyramide de Maslow Culture Courses

Si maintenant nous considérons les différentes populations qui participent au mouvement des gilets jaunes, nous pouvons observer :

  • Des auto-entrepreneurs, des petits commerçants, des paysans, des personnes qui enchaînent les petits boulots, des femmes seules avec enfants, qui essayent de gagner leur vie dans le secteur « marchand ». C’est un environnement concurrentiel où de nombreuses personnes travaillent beaucoup pour gagner peu. Elles ne dépassent pas le niveau 1 de la pyramide de Maslow et perçoivent toute augmentation de taxe comme une agression sur leurs besoins de base. Il en va de même pour les personnes de ce secteur qui perçoivent de petites retraites.
  • Des personnes qui travaillent dans le secteur public, que ce soit du côté de l’administration ou du secteur non marchand comme l’éducation, la santé, le social. Avec les objectifs de réduction de la dette publique, les projets de réformes, la digitalisation … de nombreuses personnes appréhendent les réformes car elles les perçoivent comme une menace à la sécurité de leurs emplois ou une dégradation de leurs conditions de vie. Elles se retrouvent au niveau 1 de la pyramide de Maslow alors qu’avant, le niveau 3 était acquis pour la majorité de ces employés.
  • Des personnes dépendantes des allocations et inaptes à s’intégrer dans le monde du travail, par manque de formations réellement adaptées. Depuis plus de 40 ans, la France multiplie les taxes sur le travail en oubliant qu’il permet aux individus de répondre à leurs besoins existentiels et conserver leur dignité. Les gouvernements successifs ont préféré multiplier les allocations voire mener des politiques clientélistes plutôt que valoriser le travail et motiver à entreprendre. Ces hommes politiques qui rendent les individus dépendants en leur distribuant de l’argent public pour se maintenir au pouvoir et satisfaire leur égo, sont les premiers responsables de la crise.
  • Enfin, il y a des personnes qui ne se reconnaissent pas dans la société, qui la rejette en bloc et veulent s’affirmer en semant la terreur. Là encore, nos hommes politiques oublient qu’une société ne peut pas fonctionner sans règles communes et ne pas les appliquer pour plaire au plus grand nombre aboutit inéluctablement à ne plus plaire à personne. Autre point oublié : une société est un système vivant avec des entrées et des sorties. Si vous ne savez pas exclure les personnes qui veulent s’affirmer en détruisant les biens matériels et immatériels d’une société, vous ne saurez pas intégrer ceux qui les respectent. Et vice et versa.

De nombreux gilets jaunes semblent avoir compris que les réseaux sociaux et l’action collective pouvaient les amener à retrouver un sentiment d’appartenance et de reconnaissance. Ils l’expriment d’ailleurs très bien à travers les média qu’ils savent eux-aussi manœuvrer à propos.

Leurs discours et leurs actes démontrent des besoins d’expression et de reconnaissance (niveaux 3 et 4 de la pyramide). En parallèle, ils ne veulent plus voter et se laisser récupérer par les organisations politiques et syndicales qui ont généré leurs problèmes et dans lesquelles ils n’ont plus confiance. C’est une preuve d’intelligence, de volonté d’émancipation et d’autonomie.

Faire confiance et favoriser l’intelligence collective

Le mouvement exprime de multiples revendications sectorielles et souvent opposées. Il démontre également une certaine agilité, le rejet des organisations autocratiques ainsi que le délitement de notre culture nationale.

Le rôle de toute culture est d’unir des individus, de les amener à partager des valeurs et des pratiques communes, afin qu’ils puissent vivre ensemble de façon harmonieuse et trouver dans leur environnement une réponse à leurs besoins existentiels.

Si une culture nationale se délite, de multitudes de cultures particulières se développent. Mais celles-ci sont généralement fondées sur des valeurs et des intérêts individuels ou corporatistes plutôt que collectifs. C’est ce que nous observons aujourd’hui en France avec le mouvement des gilets jaunes, mais aussi dans de nombreux pays au Moyen Orient, en Afrique et en Amérique du Sud.

Ce qui nous arrive aujourd’hui démontre le manque de prise de conscience par les responsables politiques de l’importance des cultures et de l’enseignement aux cultures. Aujourd’hui, ils nous disent partout qu’il n’y a plus d’unité nationale, que les gens n’ont plus de repères et sont de plus en plus individualiste, mais c’est une situation qu’ils génèrent depuis plus de 40 ans !

Or nous avons besoin d’une culture nationale qui structure la société en agrégeant les différentes cultures sociales, régionales, générationnelles, professionnelles, … qui la composent. S’y intéresser de plus près peut constituer un bon départ en vue de favoriser le dialogue et l’intelligence collective.